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Rénovations de logements en Belgique : pourquoi le rythme doit augmenter (et pourquoi cela ne fonctionne pas aujourd’hui)

La Belgique doit accélérer ses rénovations pour atteindre ses objectifs climatiques, mais les coûts, la complexité et l’incertitude freinent les propriétaires.

Par Chari Lenaers

3 min de lecture

Des mains posent une maquette de maison sur des plans de rénovation, avec le logo Setle par-dessus

La Belgique fait face à un défi considérable. Pour habiter de manière climatiquement neutre d’ici 2050, le rythme de rénovation des logements doit fortement augmenter. Selon de récentes analyses économiques, la vitesse de rénovation actuelle est trois à quatre fois trop faible pour atteindre cet objectif. Et le besoin n’a jamais été aussi grand.

Un parc de logements ancien, avec un grand défi énergétique

Le parc de logements belge est en moyenne particulièrement ancien. En Flandre, 66 % des bâtiments ont été construits avant 1981, en Wallonie 78 % et à Bruxelles cette part monte à 93 %. Seule une petite partie des logements est de date récente et répond aux normes énergétiques actuelles.

Cet âge pèse lourdement sur la consommation d’énergie. Les logements belges comptent parmi les plus énergivores d’Europe. Malgré les progrès de ces dernières années, la Belgique reste, après le Luxembourg, l’un des pays affichant les émissions par habitant les plus élevées pour le chauffage et le refroidissement des logements. L’énergie renouvelable y joue encore un rôle trop limité.

Les rénovations ont bien lieu… mais pas vite

La rénovation est un levier important pour rendre les logements moins énergivores. Les chiffres montrent pourtant que l’intensité de rénovation en Belgique stagne quasiment depuis plus de 20 ans. Seule l’année 2021 a connu un pic temporaire, grâce notamment aux primes d’isolation renforcées pendant la période du coronavirus. Ensuite, le rythme est retombé.

C’est frappant, car la pression sociétale et politique en faveur de la rénovation augmente. En Flandre, une obligation de rénovation s’applique par exemple à l’achat d’un logement énergivore. Pour l’instant, cette pression ne se traduit pas par une accélération structurelle.

Pourquoi les gens hésitent encore à rénover

Si les rénovations tardent, ce n’est pas par mauvaise volonté. Au contraire. L’étude montre que plusieurs freins retiennent les ménages :

  • Incertitude financièreBLOCK Les coûts de construction et de rénovation ont fortement augmenté. Pour beaucoup de familles, il n’est pas clair qu’une rénovation soit rentable à terme, malgré les primes et les subsides.

  • Complexité et manque de vue d’ensembleBLOCK Quels travaux sont nécessaires ? Combien cela coûte-t-il réellement ? Quelles primes s’appliquent ? Beaucoup de propriétaires manquent d’informations fiables et objectives.BLOCK

  • Freins organisationnelsBLOCK Trouver des entrepreneurs, coordonner les travaux et gérer un déménagement temporaire ou les nuisances font de la rénovation un parcours stressant.BLOCK

  • Facteurs sociodémographiquesBLOCK Les propriétaires âgés, les personnes isolées et les familles monoparentales rénovent nettement moins, souvent par manque de moyens ou d’énergie pour entamer de gros travaux.

Le paradoxe : l’intention progresse, l’action reste en retrait

Fait notable, la volonté de rénover a de nouveau fortement augmenté fin 2025, surtout chez les personnes entre 30 et 49 ans. L’intention est donc bien là, mais le passage à l’exécution reste difficile.

C’est précisément là que cela coince aujourd’hui : les gens veulent rénover, mais il leur manque la clarté, la confiance et les repères nécessaires pour se lancer.

La clarté comme clé de l’accélération

Si la Belgique veut relever le rythme des rénovations, des règles plus strictes ou des primes supplémentaires ne suffiront pas. Il faut un meilleur accompagnement, plus de transparence et plus de visibilité. Les gens doivent savoir à l’avance à quoi ils s’engagent : quels sont les coûts réalistes, quels travaux ont un impact, comment cela se situe par rapport à la valeur du logement et au financement ?

C’est précisément là que se trouve le levier pour faire de la rénovation une étape réalisable plutôt qu’un obstacle.

Rénover sans deviner

Le défi est de taille : selon les estimations, environ 80 % du parc immobilier belge doit encore être traité pour atteindre les objectifs climatiques. Cela demande non seulement des investissements, mais surtout de la confiance dans le processus de rénovation.

En cartographiant la rénovation de manière compréhensible, étayée et objective, les propriétaires, les acheteurs, les banques et les agents immobiliers peuvent décider plus vite et mieux. C’est la seule façon de faire réellement monter le rythme des rénovations.

Source : rapports de recherche économique de KBC

Woningrenovaties in België: in het huidige tempo halen we het niet - KBC Bank & Verzekering

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